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Bénin: Affaire Ajavon: L’Etat va t-il se plier aux décisions éventuelles de l’ONU?

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Sébastien Ajavon

Exilé en France depuis bientôt 3 ans, l’opposant politique béninois Sébastien Ajavon a saisit récemment le Comité des Droits de l’Homme de l’ONU pour dénoncer le harcèlement judiciaire dont il est l’objet de la part du gouvernement béninois. Une décision de condamnation de l’Etat par l’organe onusien a bpeu de chance de prospérer.

Homme d’affaire de solide réputation, Stéphane Adjavon est également un poids lourd de la scène politique béninoise. Exilé en France depuis 2018 où il jouit du statut de réfugié politique, Ajavon a saisit il y a quelques jours le Comité des Droits de l’Homme des Nations Unies. Il est question pour l’opposant politique d’obtenir de cet organe de l’ONU l’annulation de sa condamnation par contumace (à son absence) en octobre 2018 à 20 ans de prison ferme par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) du Benin pour « trafic de drogue. 

En effet, en octobre 2016, 18kg de cocaïne ont été retrouvés par les services de la douane dans un conteneur de marchandises importées par Comon SA, l’une des sociétés d’Ajavon. Placé en garde-à-vue, l’homme d’affaire sera relâché au bénéfice du doute le 4 novembre 2016 par le Tribunal de première instance de Cotonou. Malgré les certificats de non-appels produits par les avocats de l’homme d’affaires, l’affaire va rebondir à la CRIET, une juridiction spéciale créée en août 2018 par le chef de l’Etat, Patrice Talon. Suite à l’insistance des juges de cette cour spéciale à voir le prévenu présent à l’audience du 4 octobre 2018, les conseils d’Ajavon ont invoqué une disposition du Code béninois de procédure pénale qui donne le droit à un prévenu absent à l’audience de se faire représenter par un avocat. La Cour n’a malheureusement pas donné suite à cette exigence. D’où le courroux des avocats de la défense qui ont décidé de vider la salle. 

Présidentielle d’avril 2021

Le 18 octobre 2018, quelques mois après son départ pour la France, Sébastien Ajavon est condamné à 20 ans de prison ferme. Rappelons que cette affaire de trafic de drogue rebondit en octobre 2018 devant la CRIET après la création le 26 mars 2018 par Ajavon de son parti d’opposition, l’Union sociale libérale (USL). Saisie par l’opposant, la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) a, le 29 mars 2019, condamné l’Etat du Bénin à annuler la condamnation de Stéphane Ajavon à 20 ans de prison ferme par la  CRIET. Fin novembre 2019, la Cour a invité le gouvernement béninois à verser 36 milliards de FCFA à l’opposant au titre de préjudices subis. Jusqu’à ce jour, le régime de Patrice Talon n’a pas donné suite à ces différentes décisions de la CADHP. Nul doute qu’une décision du Comité des Droits de l’Homme de l’ONU, favorable à Sébastien Ajavon, connaîtra le même sort. Surtout que l’homme d’affaires y tient car candidat déclaré à la présidentielle d’avril 2021. 

Michel Biem Tong

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