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Burundi : Disparitions forcées : Le chef de l’Etat nie, la société civile condamne

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En visite en République démocratique du Congo, Evariste Ndayishimiye a déclaré dans une interview accordée à des médias français qu’il n’y a pas de disparitions forcées au Burundi. Ce qui n’a pas été du goût de la société civile burundaise qui parle de mépris envers les familles des victimes. D’après Forum pour la conscience et le développement (Focode), les disparitions forcées sont bel et bien une réalité sous le ciel burundais.   

« En tout cas, à ce que je sache, il n’y a pas de disparitions forcées au Burundi, sinon vous me diriez un nom : telle personne est disparue ! Ce que je sais aussi c’est qu’il y a des criminels qui, juste après avoir commis des crimes, vont au Rwanda et nous n’avons pas le droit d’aller fouiller au Rwanda. Vous savez qu’il y a eu 19 criminels qui ont saccagé des familles, qui ont tué des personnes à Kayanza et après ils ont fui vers le Rwanda. Jusque maintenant ils sont au Rwanda et les gens disent qu’ils sont disparus, mais je sais qu’ils sont quelque part », a déclaré Evariste Ndayishimiye dans une interview accordée à Radio France Internationale et France 24, en marche de sa visite en République démocratique du Congo la semaine dernière.

Des déclarations du président burundais qui ont eu le don de révolter la société civile burundaise dont le Forum pour la conscience et le développement (FOCODE) : « Le FOCODE est choqué et condamne les propos du Président Evariste Ndayishimiye niant l’existence des cas de disparitions forcées au Burundi et taxant les victimes de « criminels » qui seraient cachés au Rwanda », lit-on dans un communiqué partagé sur son compte Facebook par l’activiste burundais en exil Pacifique Nininahazwe. L’ONG burundaise dit avoir recensé une trentaine de cas de disparitions forcés depuis l’arrivée d’Evariste Ndayishimiye au pouvoir en juin 2020.

Tout en regrettant le négationnisme d’Etat sur ce phénomène, le FOCODE accuse l’appareil sécuritaire de l’Etat d’être impliqué dans ces disparitions forcées : « plusieurs enquêtes sont unanimes sur l’implication du Service national de renseignement (SNR) dépendant directement de lui, de certains services de l’armée et de la police dont la garde présidentielle et de la milice Imbonerakure dans les arrestations et les enlèvements ayant abouti à des disparitions forcées dont les victimes sont essentiellement des anciens manifestants contre le troisième mandant du Président Nkurunziza, des militants de l’opposition , des défenseurs de droits de l’homme et des militaires et policiers issus de l’ancienne armée (ex-FAB) ou de l’ancienne rébellion des FNL ».

Aussi, le FOCODE invite-t-il l’Union européenne à « …exiger des autorités burundaises la lumière sur les crimes de disparitions forcées et des engagements clairs sur la traduction en justice des agents de l’Etat impliqués dans ces crimes ignobles », puis la Cour pénale internationale à «…enquêter  profondément sur le phénomène des disparitions forcées devenu récurrent au Burundi et l’engagement des poursuites contre leurs auteurs présumés ».

ledefenseur.com

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