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Cameroun: Exclusif: Voici les noms des soldats impliqués dans le massacre de Mautu

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Près d’une dizaine de civils (dont des femmes et des enfants) ont été tués au village Mautu (sud-ouest anglophone) ce 10 janvier 2021 par des soldats camerounais que votre journal a réussi à identifier. Il s’agit pour la plupart des gendarmes mis en mission par un haut responsable de la gendarmerie dans la région. 
 
Du sang a encore coulé dans le Cameroun anglophone. D’après des témoins sur place, le 10 janvier dernier au village Mautu (sud-ouest anglophone), dans l’après-midi, des soldats camerounais ont fait irruption et ont ouvert le feu sur des civils aux mains nues. Bilan: 9 civils tués dont une fillette de 6 ans et une femme âgée de 50 ans. 
 
Des sources proches des services de sécurité ont indiqué à ledefenseur.com qu’il s’agit d’un assassinat ciblé perpétré par des gendarmes pour la plupart. Quelques noms de ces soldats ont été cités par nos informateurs. Il s’agit du Lieutenant de gendarmerie Elimbi Marc, du sous-lieutenant de gendarmerie Mounchili Gaspard, du caporal Kamit Ernest du Bataillon d’intervention rapide (unité d’élite de l’armée), du gendarme Sonfack Paul et du gendarme Akong Patrice. 
 
Nos sources bien introduites dans les milieux militaires ont également avancé les noms des deux officiers supérieurs de gendarmerie qui ont commandité ce crime. Il s’agit du colonel Tchinda Henri, commandant de la Légion de gendarmerie du Sud-Ouest et du colonel Joël Emile Bamkoui, commandant de la Division de la Sécurité Militaire (service secret de l’armée) du ministère de la Défense.
 
Le massacre de Mautu, expliquent nos sources, a été perpétré sur fond de guerre de clans au sein du commandement militaire dans la région anglophone du Sud-Ouest, en perspective du Championnat d’Afrique des Nations (CHAN) qui démarre le 17 janvier prochain. Les villes de Buea et de Limbé, située dans la région du Sud-Ouest en crise, est censée abriter l’évènement.
 
 
Enjeu financier
 
En effet, pendant que le camp du commandant de la 2e région militaire inter-armée, le Général Ebah Ebah tient à rassurer que tout est sous contrôle et que la compétition peut s’y dérouler sans soucis, celui du colonel Tchinda (auquel appartient le colonel Bamkoui) tient à donner l’impression que la situation est confuse dans l’objectif de justifier le déblocage d’une forte somme d’argent pour l’effort de guerre. 
 
Pour ce dernier camp, le CHAN ne peut se tenir dans le Sud-Ouest compte tenu du climat sécuritaire qui s’est dégradé. D’où ce massacre de Mautu qui allait s’expliquer par une montée en puissance des indépendantistes aux séparatistes et justifier un fort déploiement militaire devant induire des dépenses importantes. L’enjeu ici est donc purement financier. 
 
Dans son communiqué du 11 janvier dernier, le ministère de la Défense parle plutôt de “terroristes neutralisés” suite à un accrochage avec les forces de défense. Le communiqué indique que les images des morts et blessés de Mautu qui circulent sur les réseaux sociaux ont été montées par les leaders indépendantistes anglophones pour dissiper l’aigreur de la déroute infligée par les soldats camerounais. 
 
Les défenseurs des droits humains ne sont pas restés indifférents à ce massacre. C’est le cas du Centre pour les Droits de l’Homme et la Démocratie en Afrique. Dirigée par l’avocat anglophone Me Felix Agbor Balla, l’ONG a indiqué dans le communiqué publié sur son site internet que ce massacre n’est pas sans rappeler ceux de Ngarbuh et de Kumba, survenus au courant de l’année 2020. 
 
Michel Biem Tong  
 
 
 
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