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Cameroun : Massacre de Ngarbuh : Des lampistes bientôt à la barre, les commanditaires intouchables

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Renvoyés en jugement par le Tribunal militaire de Yaoundé, 3 soldats camerounais sont accusés entre autres de meurtres et de violations de consignes. Les militaires ont été épinglés par un rapport de la présidence de la République sur le massacre survenu le 14 février dernier au village Ngarbuh, dans le nord-ouest anglophone. Les donneurs d’ordre de cette boucherie ne sont toujours pas inquiétés.

Y a-t-il vraiment lieu de se réjouir ? Que non ! Les familles des 23 victimes du massacre de Ngarbuh, village situé au nord-ouest anglophone du Cameroun, essuieront sans cesse leurs larmes car les véritables auteurs de ce carnage continuent de courir. En effet, d’après nos confrères de l’Agence France Presse, le porte-parole de l’armée, Serge Cyrille Atonfack, a annoncé l’ouverture du procès de ces soldats le 17 décembre prochain au Tribunal militaire de Yaoundé. Les militaires sont accusés entre autres de violation de consignes et de meurtre d’enfants ainsi que d’une femme enceinte. Les faits se sont déroulés le 14 février dernier.

D’abord, il y a lieu de souligner que ce procès n’a rien de judiciaire car la justice militaire n’a pas pour souci de rendre justice. Ce procès vise davantage à satisfaire l’opinion internationale qui a fait pression sur le régime de Paul Biya pour qu’il reconnaisse l’évidente implication de soldats camerounais dans ce massacre, et qui est en train de faire pression pour que justice soit faite.

Les enfants parmi les victimes du massacre de Ngarbuh

S’agissant de justice équitable, comment peut-on juger les soldats qui exécutent une basse besogne par crainte révérencielle (d’être tués ou grillés) et laisser les commanditaires courir ? Pourquoi le général Nka Valère, commandant de la 5e région militaire inter-armée n’est pas au banc des accusés tout comme le commandant de la 5e région de gendarmerie, Divine Ekongwese ? Le chef d’état-major des armée, général René Claude Meka tout comme le secrétaire général à la présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh qui a instruit une enquête sur ce massacre, peuvent-ils dire la main sur le cœur qu’ils étaient ignorants de cette opération ? Où sont passés les membres du centre de désarmement, de démobilisation et de réinsertion (DDR) qui servaient de supplétifs dans cette opération ?  Disons-le sans ambages. Le procès du massacre de Ngarbuh n’a toujours pas eu lieu et tous les présumés auteurs et commanditaires doivent être poursuivis et châtiés. Tous sans exception.

Pour mémoire, après avoir inscrit les femmes et enfants tués à Ngarbuh dans le registre des victimes collatérales de l’explosion d’un bidon de carburant consécutive à un échange de tirs entre des soldats camerounais et les indépendantistes anglophones, les autorités camerounaises, sur la base d’un rapport ordonné par la présidence, ont fini par reconnaître l’implication des soldats camerounais dans ce massacre.

Michel Biem Tong

 

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