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Cameroun : Scandale : 4 prisonniers exécutés sommairement à Nanga Eboko

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D’après l’ONG camerounaise Mandela Center, le régisseur de la prison centrale de Nanga Eboko est responsable de la mort de 4 détenus dont un après avoir été privé de soins et deux autres suite à des sévices corporels subis après un mouvement d’humeur à la prison. La responsable du pénitencier interdit l’accès de ce dernier à la presse et aux ONG pour étouffer l’affaire.

L’alerte a été lancée le 12 mai dernier par l’ONG camerounaise Mandela Center : « exécutions extrajudiciaires, arbitraires ou sommaires et graves violations des droits des détenus à la prison centrale de Nanga Eboko (164 km de Yaoundé, ndlr) ! », lit-on dans une déclaration parvenue à notre rédaction : « les droits des détenus sont protégés par la Loi N° 96-06 du 18 Janvier 1996 portant révision de la CONSTITUTION du 02 juin 1972, La Loi N° 2016/007 du 12 juillet 2016 portant Code Pénal, le Décret N° 92-052 du 27 mars 1992 portant régime pénitentiaire au Cameroun », rappelle Mandela Center qui par ailleurs discrédite la thèse de mort des suites d’une tentative d’évasion relayée par certains médias camerounais.

Selon ladite déclaration, un prisonnier au nom de Mvogo a bénéficié d’une corvée en échange de laquelle le régisseur de la prison, Suzanne Mengue, lui a exigé de ramener du gibier pour elle à chaque retour de corvée : « à la suite d’un malentendu autour de ce gibier, le détenu a été interdit de sortie en corvée et a été, par la suite, frappé d’une grave maladie ponctuée par des diarrhées aigües…le détenu Mvogo s’est vu formellement interdit de se rendre dans un hôpital plus équipé pour recevoir des soins appropriés par Mme le Régisseur », écrit l’ONG.

Une cérémonie de remise des dons à la prison de Nanga Eboko

Dans la nuit di 19 au 20 avril 2020, le détenu Mvogo va trouver la mort. Ce décès va susciter un mouvement d’humeur au cours duquel 4 meneurs seront arrêtés, enchaînés et jetés dans une cellule disciplinaire sans accès à l’eau ni à la nourriture :   « …exaspérés par ce traitement cruel et inhumain, ces damnés ont, violemment, pris à partie un détenu venu, après plusieurs jours, leur donner de l’eau à boire…en représailles aveugles sur ordre de Madame le Régisseur, les gardiens de prison ont grièvement molesté trois d’entre eux qui ont succombé le 22 avril 2021 à leurs blessures et des suites de graves actes de torture à eux infligés », raconte Mandela Center dans sa déclaration.

Fort de ce qui précède, Mandela Center a conclu : « Qu’il s’agit des actes de torture, de traitements cruels, inhumains et dégradants au sens de l’article 5 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948, de l’article 7 du Pacte International relatif aux Droits Civils et Politiques de 1966, de l’article 5 de la Charte Africaine sur les Droits de l’Homme et des Peuples de 1981, de la Convention des Nations contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants du 10 Décembre 1984 (CCT), et autres instruments internationaux, tous librement ratifiés par le Cameroun».

ledefenseur.com

 

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