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Cameroun : Scandale: La Commission nationale des droits de l’homme au service de l’injustice ?

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Emmanuel Mbombock Mbock Matip

Saisie par un journaliste et défenseur des droits humains de la détention arbitraire dont il est victime depuis août 2020, la Commission nationale des droits de l’homme et des libertés n’a pas jugé bon de s’y pencher, arguant de ce que l’affaire est pendante en justice. Pourtant, c’est bien d’injustice et d’arbitraire qu’il est question.

À quel jeu joue la Commission des droits de l’homme et des libertés (Cndhl) du Cameroun? Cette instance est-elle au service des puissants déterminés à écraser sans pitié les faibles et les sans-voix? On est tenté de répondre par l’affirmative au regard de la gestion par cet organe gouvernemental de l’affaire Mbombock Mbock Matip Emmanuel, journaliste et défenseur des droits humains détenu depuis le 17 août dernier à la prison centrale de Yaoundé pour « propagation de « fausses nouvelles ».

Le 10 décembre 2020, le directeur de publication du journal Climat Social et président de la Ligue de défense des droits des personnes défavorisées saisit par correspondance le président de la Cndhl à l’effet de lui faire part des injustices et autres maltraitantes dont il est victime depuis son enlèvement par les éléments de la Division de la Sécurité Militaire (SEMIL) le 17 août 2020 ainsi que sur l’impasse dans laquelle se trouve son affaire devant le Tribunal militaire. 

La Commission se déclare incompétente 

Dans son accusé de réception du 28 décembre 2020 (voir fac similé), la Commission se déclare incompétente pour plaider la cause de Mbombock Mbock Matip, l’affaire étant, soutient-elle, pendante devant les juridictions. Une sortie pour le moins surprenante pour une structure qui, d’après la loi Nº2004/016 du 22 juillet 2004, est une « institution indépendante de consultation, d’observation, d’évaluation, de dialogue, de concertation, de promotion et de protection en matière des droits de l’Homme ».

Fac similé: réponse de la Commission nationale des droits de l’homme et des libertés à M.Matip

Doit-on comprendre à travers cette attitude de la Cndhl que la bonne administration de la justice au Cameroun signifie enlever un citoyen à son domicile, sans convocation ni mandat comme l’ont fait les agents SEMIL sur ordres du colonel Émile Bamkoui, le torturer puis le jeter en cellule au secrétariat d’Etat à La Défense chargé de La Défense chargé de la gendarmerie nationale (SED) où il est privé du droit d’avoir un avocat et de visite des membres de sa famille, le placer en détention provisoire à la prison centrale de Yaoundé dans le but pour un juge d’instruction au Tribunal militaire de l’interroger à charge dans une affaire sans plaignants, sans témoins? Toutes ces maltraitantes infligées qui plus est à un handicapé moteur participent-elles d’un bon fonctionnement du « service public de la justice » dont fait mention la Commission dans sa correspondance ?

Coup d’Etat contre Paul Biya 

Lorsque la Commission invite Mbombock Mbock Matip à « mettre en mouvement l’action publique contre [ses] tortionnaires présumés », c’est-à-dire à poursuivre le colonel Bamkoui devant les juridictions pour « torture », est-ce réaliste ? Si déjà elle avoue sa faiblesse face au commandant de la redoutable SEMIL qu’elle est incapable d’interpeller suite à ses agissements envers Mbombock Mbock Matip, c’est la justice, que l’on sait inféodée au pouvoir politique et de l’argent au Cameroun, qui franchira le pas? Il est regrettable de se rendre compte à quel point le président de la Cndhl, Pr. James Mouangue Kobila, a transformé cette instance en une commission droits de l’homme du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), le parti au pouvoir au Cameroun. 

Pour mémoire, Mbombock Mbock Matip est accusé d’avoir envoyé au président Paul Biya via son conseiller spécial, le contre-amiral Fouda Joseph, un message vocal dans lequel il est question d’un coup d’Etat que préparerait l’actuel secrétaire général à la présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh et le commandant du Bataillon d’intervention rapide (unité d’élite de l’armée), l’israélien Eran Moas. Selon l’audio, le colonel Émile Bamkoui aurait reçu 10 millions de FCFA de ces derniers pour étouffer l’affaire. Si tout ceci n’est que fantasme et diffamation, jugez Mbombock Mbock Matip ou alors relâchez-le, bon sang !  

Michel Biem Tong

 

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