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Centrafrique : Justice : Un chef rebelle à la CPI

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Accusé de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, Mahamat Saïd, l’un chefs du mouvement rebelle Seleka, a été remis aux juges de la Cour pénale internationale il y a quelques jours par les autorités centrafricaines. Des ONG internationales s’en félicitent mais estiment que beaucoup restent encore à faire.

Il sera le premier chef de guerre de la Seleka à comparaître à la Cour pénale internationale (CPI). Mahamat Saïd Abdel Kani a été remis à la CPI le 24 janvier dernier par le gouvernement centrafricain : « L’arrestation et le transfert de Mahamat Said Abdel Kani, accusé de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, est une mesure positive vers l’obtention de la justice pour les victimes du conflit armé qui fait rage dans le pays depuis 2012 jusqu’à présent », a indiqué la conseillère juridique de l’ONG Amnesty International Alice Banens, dans un communiqué parvenu à la rédaction de ledefenseur.com. 

La Seleka est une coalition de groupes rebelles qui, le 24 mars 2013, a renversé le président centrafricain d’alors, François Bozize. Mais d’après Amnesty International, cette Seleka est également réputée machine à terroriser et à tuer: « Il(Mahamat Said Abdel Kani, ndlr) est soupçonné d’être responsable de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité qui auraient été commis à Bangui en 2013, notamment d’actes de torture, de disparitions forcées et de persécutions », lit-on dans le communiqué d’Amnesty International.

Malgré cette avancée qui est notoire, l’ONG internationale estime que beaucoup reste encore à faire: « La CPI, la Cour pénale spéciale de Bangui et les tribunaux pénaux ordinaires centrafricains doivent travailler ensemble afin de mener des enquêtes indépendantes, impartiales et efficaces et d’engager des poursuites contre tous les responsables présumés des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis en République centrafricaine ». 

La rédaction 

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Tous coupables…jusqu’aux commanditaires  

Un repas à moitié cuit ne saurait être comestible. Seul un cuit à point peut être servi aux convives. Pour une paix durable en Centrafrique déchirée par plusieurs années de conflit et de rébellion armée, il faut de la justice. Indéniable. Ce qui signifie que tous les coupables de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité en RCA, depuis l’entrée en vigueur le 1er juillet 2002 du Statut de Rome fondateur de la CPI, doivent y passer. Tous, sans exception. 

D’ailleurs, Amnesty International l’a souligné fort à propos: « La CPI, la Cour pénale spéciale de Bangui et les tribunaux pénaux ordinaires centrafricains doivent travailler ensemble afin de mener des enquêtes indépendantes, impartiales et efficaces et d’engager des poursuites contre tous les responsables… ». Tous doivent donc passer par la case CPI y compris les anciens chefs rebelles devenus ministres en RCA, les chefs d’Etat africains qui offrent des bases arrières à ces groupes rebelles, les patrons de sociétés de fabrication d’armes qui ravitaillent ces rebelles en matériel de guerre, les chefs de services secrets occidentaux (notamment français) qui forment, financent, arment et conseillent ces chefs rebelles. 

Livrer juste un ovni à la vindicte de la justice internationale ne fait pas joli. C’est confiner la CPI à sa posture de juridiction entre les mains des néo-colons et dont l’objectif est plus de se prémunir de la chicane de l’opinion publique occidentale que de rendre une vraie justice aux victimes des crimes de guerre de crimes contre l’humanité. 

Michel Biem Tong

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