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Congo : Lutte contre la pauvreté : Les défenseurs des droits humains dans la tourmente

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D’après un rapport produit récemment par l’ONG Amnesty International, au courant de l’année 2020, le gouvernement congolais a réprimé durement les revendications sociales résultant de la dégradation du contexte économique de ce pays d’Afrique centrale.

 

« Les acteurs de la société civile se sont exprimés ces dernières années sur la situation des droits humains dans le pays et en particulier, du fait du contexte, sur les droits économiques et sociaux. Plusieurs d’entre eux ont été victimes d’intimidation ou de détentions arbitraires en lien avec leur engagement, à rebours du droit international qui réclame notamment de respecter, protéger, faciliter et promouvoir le travail des défenseurs des droits de l’homme et autres membres de la société civile, afin d’aider les groupes vulnérables ou marginalisés à réaliser leur droit à la santé », peut-on lire à la page 36 du rapport d’Amnesty International intitulé  Sur le dos de la crise : violation du droit à la santé et répression des défenseurs des droits sociaux et économiques en République du Congo.

Le président de la République du Congo, Denis Sassou Nguesso

Plusieurs cas de violations des droits humains ont été recensés entre novembre 2019 et février 2021 par l’ONG internationale :  l’arrestation de 4 sympathisants du  mouvement d’opposition Incarner l’Espoir le 23 novembre 2019 à Pointe-Noire ; l’arrestation puis la détention les 22 et 26 décembre 2019 de Céleste Makela Nlemvlo, membre du mouvement citoyen Ras-le-Bol ; la détention arbitraire depuis le 2 février dernier de Raymond Malonga, directeur de publication du journal satirique Sel-Piment pour avoir accusé Georgette Okemba, la femme de Jean-Dominique Okemba, dit « JDO », neveu du président Denis Sassou Nguesso, de détournements de fonds publics ; le licenciement le 5 octobre 2020  de Victor Bienvenu Kouama, secrétaire général de la Confédération syndicale congolaise et président de l’intersyndicale du Centre Hospitalier Universitaire de Brazzaville (CHUB) ; l’arrestation au Cameroun (alors qu’il y était demandeur d’asile) puis la déportation au Congo le 18 octobre 2020 de Brucelon Nelson Apanga, président du Mouvement des élèves et étudiants du Congo (MEEC).

Ce vent de terreur que font souffler les autorités congolaises sur les défenseurs des droits humains intervient dans un contexte socio-économique difficile : « Nous ne savons plus comment faire pour vivre. Certaines étudiantes sont obligées de se prostituer et plusieurs étudiants ont abandonné les études pour faire des petits boulots », a raconté un étudiant congolais aux chercheurs d’Amnesty International. Sans compter le secteur de la santé, au plus mal. Selon l’ONG, ce marasme économique au Congo a pour origine aussi bien l’effondrement du cours mondial du pétrole (58% du PIB du pays) que la corruption et le détournement de deniers publics dans les scandales desquels sont cités des membres de la famille présidentielle. De plus, à en croire le rapport, fonctionnaires et retraités accumulent des arriérés de salaires et de pensions. La survenue du COVID-19 en 2020 est venue saler une note déjà difficile à gérer. Selon le rapport d’Amnesty International, les entreprises du secteur formel ont connu une baisse d’activité essentielle de 34 à 76%  pour les entreprises du secteur formel et de 77 à 96% pour les entreprises exerçant des activités non essentielles.

Michel Biem Tong

 

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