Accueil»Dernières Infos»Égypte : 10 ans après la révolution : Les défenseurs des droits humains toujours dans la peur

Égypte : 10 ans après la révolution : Les défenseurs des droits humains toujours dans la peur

0
Partages
Pinterest Google+

10 ans après le déclenchement de la révolution ayant conduit à la chute de la dictature Hosni Moubarak, le peuple égyptien n’est pas pour autant sorti de l’auberge. Le contexte politique est toujours hostile aux défenseurs des droits humains.

25 janvier 2011-25 janvier 2021. Il y a 10 ans, le peuple égyptien décidait d’inonder les rues pour renverser le président de la République d’alors, Hosni Moubarak. La chute de ce dernier qui est finalement intervenue le 11 février 2011 a suscité un vent d’espoir d’une ouverture démocratique après 30 ans de dictature de Moubarak. Malheureusement, 10 ans après, rien n’a changé dans le quotidien des égyptiens qui vivent toujours dans la peur. Les défenseurs des droits humains ont encore plus de raisons de s’autocensurer car l’exil, les menaces, les emprisonnements, et autres assassinats sont leur lot quotidien. A titre de rappel, l’Egypte est dirigée depuis mai 2014 par un militaire de carrière au nom d’AbdelFatah Al-Sissi. Ce dernier a conduit le coup d’Etat ayant renversé Mohamed Morsi, qui a pris le pouvoir après la chute de Moubarak. 

L’Egypte sous Al-Sissi est donc un champ miné pour les défenseurs des droits humains. Selon Amnesty International, l’Egypte compte à ce jour plus de 60 000 prisonniers politiques.  En décembre 2011, quelques mois après son arrivée au pouvoir, Mohamed Morsi a fait libérer 20 103 détenus politiques. Sous l’actuel régime, les exécutions suite à des condamnations à mort sont allées crescendo. Durant les 2 dernières années de pouvoir de Moubarak, 9 prisonniers ont été exécutés.  En octobre et novembre 2020 sous Al-Sissi, 57 détenus ont été exécutés.

La révolution égyptienne en janvier 2011

Censure des médias 

10 ans après la révolution, la liberté de presse ne se porte pas mieux au pays du Nil. Selon Reporters Sans Frontières (RSF), l’espace médiatique est contrôlé par l’Etat qui a procédé au blocage de 500 sites d’information critiques envers le pouvoir en place. A ce jour, toujours d’après RSF, une centaine de journalistes ont été victimes d’arrestations après la révolution de 2011 et 32 se trouvent en ce moment en détention. La lutte contre le terrorisme est le prétexte chaque fois agité par les autorités pour museler les hommes de médias. Les utilisateurs des réseaux sociaux (lanceurs d’alerte, internautes…) ne sont pas épargnés par cette politique de restriction. Le 1er septembre 2018, le président Al-Sissi a promulgué une loi sur la surveillance étroite des réseaux sociaux. 

La lutte contre le terrorisme est également évoquée par les autorités pour museler les  activistes des droits de l’homme. C’est le cas de Ramy Saath, arrêté le 5 juillet 2019 pour son militantisme en faveur de la cause palestinienne.  Bahey El Dine Hassan a eu plus de chance que ce dernier. Journaliste et directeur de l’Institut du Caire pour l’étude des droits de l’homme (CIHRS), cette figure emblématique de la défense des droits humains en Égypte a été condamné à 15 ans de prison par contumace le 26 août 2020 par la justice égyptienne pour « publication de fausses nouvelles, incitation à la révolte… ». Exilé en France depuis 2014, Bahei El Dine est réputé pour ses Twits enflammés contre le régime d’Al-Sissi. 

Michel Biem Tong

Article précédent

Cameroun: Assassinat de Florence Ayafor: Voici les vrais coupables

Article suivant

Cameroun: Droit de la famille: Un jeune garçon de 4 ans veut voir son père allemand