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RD Congo : Assassinat de Floribert Chebeya : Le suspect N°1 en fuite

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11 ans après le meurtre du défenseur des droits humains et de son chauffeur, la justice congolaise voudrait relancer l’affaire à la demande des familles des défunts et des associations de défense des droits humains. Le premier suspect, patron de la police de l’époque de l’assassinat de Chebeya, est porté disparu.

2 juin 2010-2021. 11 ans déjà que le militant des droits humains Floribert Tchebeya et son chauffeur Fidèle Bazana ont été tué à l’Inspection Générale de la Police à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Cameroun : «…vers 18h, 19h, presque 18H45, nous étions au nombre de six éléments plus le major Christian, ça fait sept. Il nous a dit d’amener le chauffeur de Chebeya. On l’amène dans mon véhicule, là que je conduisais. C’était une Defender de couleur blanche, la Defender du colonel Daniel Mukalay. Lorsqu’on a terminé à travailler, qu’on a terminé à l’étouffer, c’était dans mon véhicule, on était avec Jacques Mubago et Saddam. On l’a tué toujours dans l’inspection générale de la police. Après, on attend son chef. Lui aussi, on l’a étouffé toujours dans l’inspection générale de la police », racontait il y a quelques mois sur Radio France Internationale, un policier ayant participé au double assassinat. Président de l’ONG La Voix des Sans Voix, Floribert Chebeya était un défenseur des droits humains réputé pour sa témérité dans la dénonciation des violations des droits humains en République démocratique du Congo. Au moment de son assassinat, Chebeya détenait un rapport accablant sur l’inspecteur général de la police nationale, Général John Numbi, au sujet du massacre d’une centaine de membres de la secte dénommée Bundu Dia Congo au Bas-Congo (centre de la République Démocratique du Congo.

Suspect N°1 dans l’assassinat de Chebeya et de Bazana (dont on n’a jamais retrouvé la dépouille), la tête de John Numbi est réclamée par les familles des disparus. Lors du procès qui s’est ouvert le 12 novembre 2010 devant la Cour militaire de Kinshasa, John Numbi n’a comparu que comme informateur alors que les avocats de la partie civile le voulaient à la barre comme prévenu. A l’issue du procès le 23 juin 2011, 4 policiers (dont un colonel en charge des opérations spéciales et des renseignements) ont été condamnés à la prison à perpétuité et un autre acquitté. Mais le 17 septembre 2015, 3 des policiers condamnés vont être blanchis. Seul le colonel verra sa condamnation à vie commuée à 15 ans de prison ferme : « Cette procédure en appel est une parodie de justice…une banalisation du crime d’Etat », avait alors conclu dans un communiqué la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH).

Depuis l’arrivée au pouvoir de Félix Tshisekedi en décembre 2018, les vrais coupables dans l’assassinat de Floribert Chebeya et de Fidèle Bazana passe un sale quart d’heure. Le général John Numbi est en fuite au Zimbabwé. La justice militaire congolaise a lancé un mandat d’arrêt contre lui car elle voudrait ouvrir un nouveau procès de cette affaire. Une situation qui inquiète les défenseurs des droits humains congolais : « avec la récente fuite du général John Numbi Banza Tambo, qui a franchi les frontières de la RDC pour s’en fuir sans qu’il ne soit arrêté, nous avons quelques inquiétudes…Nous avons peur que si les choses continuent à traîner, que même les policiers qui ont fait des révélations éloquentes puissent être traqués à l’extérieur du pays, peut-être même éliminés physiquement pour effacer les traces. Nous avons aussi des craintes pour les personnes qui ont été arrêtées à Lubumbashi et qui sont en détention ici à Kinshasa notamment le Major Christian Ngoy Kenga Kenga, devenu colonel avec l’ancien régime, l’adjudant Jacques Mugabu, qui sont en détention. Nous voudrions qu’on accélère les choses pour qu’on ne dise pas un matin que les personnes arrêtées ont pris une destination inconnue », a confié le 1er juin dernier Rostin Manketa, directeur exécutif de La Voix des Sans Voix, au site d’informations congolais actualite.cd

ledefenseur.com

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