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RD Congo: Assassinat de L.D Kabila: Washington au banc des accusés?

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Assassiné il y a très exactement 20 ans dans son palais à Kinshasa, Laurent Désiré Kabila était devenu l’homme à abattre pour s’être opposé aux intérêts des multinationales américaines alléchées par les richesses du sous-sol de la République démocratique du Congo. Lors du procès des présumés assassins du président congolais, les juges militaires avaient promis qu’un autre procès de l’affaire aura lieu. Promesse ferme ou simple enfumage? Le doute est permis au regard des acteurs suspectés d’être les commanditaires de ce crime d’Etat. 
 
Saura t-on un jour qui a tué Laurent Désiré Kabila  le 16 janvier 2001 au palais présidentiel de Kinshasa? La justice congolaise va-t-elle enfin poursuivre les véritables commanditaires de ce crime? Ne rêvons pas. Les assassins de Laurent Désiré Kabila sont ceux qui mènent le jeu politique en RD Congo depuis 60 ans. Ce sont eux qui contrôlent les importantes ressources du sol et du sous-sol (notamment minière) de ce pays. Il s’agit des lobbies d’affaires américains. Disons-le sans sourciller. Pas mal d’indices le laissent croire.  
Laurent Désiré Kabila assassiné par Washington? Difficile d’y croire à priori car c’est avec le concours des américains que le 17 mai 1997, Laurent Désiré Kabila et son groupe rebelle Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo (AFDL) renversent le dictateur Mobutu Sese Seko qui venait de passer 32 ans à la tête du Zaïre devenu République démocratique du Congo (RDC). Pour ce faire, Kabila a bénéficié de la participation des combattants rwandais et ougandais. Mais une fois au pouvoir, Kabila se brouille avec ses alliés rwandais, ougandais et américain à cause de sa politique nationaliste. Patrice Lumumba, indépendantiste congolais tué le 17 janvier 1961 par la CIA (service secret américain), est né de nouveau !
En effet, après son arrivée au au pouvoir, Laurent Désiré Kabila refuse un plan de reconstruction de la RDC que lui propose Bechtel, la multinationale américaine du BTP. Outrés, les responsables de cette dernière ont juré de faire tomber Kabila par tous les moyens et s’en sont ouverts aux présidents rwandais et ougandais à cet effet. Laurent Désiré Kabila a également refusé l’aide du Fonds Monétaire International et de la Banque Mondiale et réactivé la Banque Centrale Congolaise afin de garantir à la RDC une indépendance financière.
Laurent Désiré Kabila
Eddy Kapend
Autre chose pouvant avoir justifié la chute fatale de Laurent Désiré Kabila, ce sont les rapports avec le Rwanda et l’Ouaganda, ses alliés qui l’ont porté au pouvoir. Fin juillet 1998, alors qu’il se trouve à Cuba pour une visite officielle, Kabila est informé d’un projet de l’éliminer physiquement. A son retour à Kinshasa, il décide d’expulser du Congo les combattants rwandais, ougandais et même Burundais qui formait son groupe rebelle. Frustrés, le Rwanda et l’Ouganda, à l’instigation de Washington, créent le RCD Goma, un groupe rebelle qui a lancé une offensive contre le régime Kabila le 2 août 1998.
Quelques jours avant l’assassinat de Laurent Désiré Kabila, des gardes du corps de ce dernier étaient en contact avec l’attachée militaire de l’ambassade des USA en RDC, Sue Ann Sanduku. Cette dernière va curieusement quitter le pays après l’assassinat de Laurent Désiré Kabila ! Ce dernier a été tué par un certain Rachidi, membre de sa garde rapprochée. Une version contestée par Georges Mirindi, un autre garde du corps de Kabila en exil en Suède. D’après Mirindi, Désiré Kabila a été tué par plus d’une personne.
Après le meurtre de Laurent Désiré Kabila, 135 personnes ont été arretées dont 100 membres de la garde rapprochée du président congolais et 35 civils, dont les membres des familles de ces militaires et des défenseurs des droits humains. Les prévenus ont été traduits devant la Cour d’Ordre Militaire de Kinshasa pour un procès qui s’est ouvert en mars 2002. Le 30 décembre dernier, l’actuel président de RDC, Félix Tshishekedi a décidé d’accorder la grâce présidentielle à 23 des prisonniers condamnés (à mort pour la plupart) dans le cadre de l’affaire de l’assassinat de Laurent Désiré Kabila.
Parmi les prisonniers libérés se trouve Eddy Kapend. Aide de camp de Laurent Désiré Kabila au moment de l’assassinat de ce dernier, Eddy Kapend a été arreté le 24 février 2001 et accusé d’avoir ordonné l’assassinat de Kabila et de prendre le pouvoir. Ce, sur la base d’un discours télévisé qu’il a délivré à la télévision nationale congolaise après l’assassinat du président congolais et dans lequel il demandait aux forces de défense de rester sur place. Eddy Kapend a été condamné à mort par la Cour d’Ordre Militaire de Kinshasa. Au cours d’un office religieux à la prison de Makala à Kinshasa en janvier 2017, Eddy Kapend avait déclaré: “tous ceux qui ont été arrêtés dans le cadre de l’affaire Kabila sont innocents. Les vrais coupables sont tous en liberté”. C’est tout dire !
Michel Biem Tong 
 
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