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RD Congo: Droit à la vie: L’ONU ressuscite l’affaire Pascal Kabangulu

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Alors que la justice congolaise n’a jamais voulu faire la lumière sur l’assassinat du défenseur des droits humains fin juillet 2005, le Comité des Droits de l’Homme des Nations Unies vient de donner une suite favorable à la plainte de la famille du défunt et invite l’Etat congolais à poursuivre les auteurs de ce crime.

La famille de Pascal Kabungulu Kibembi aura-t-elle droit à la justice tant recherchée auprès des autorités congolaises? Il n’est pas interdit de l’espérer car le Comité des Droits de l’Homme des Nations Unies vient de répondre favorablement à la plainte des proches du défunt, déposée en 2016. D’après la décision rendue ce mercredi 13 janvier 2021 par l’organe onusien, le droit à la vie de Pascal Kabungulu a été violé par l’Etat de la République démocratique du Congo (RDC).

Le Comité des Droits de l’Homme de l’ONU, tout en regrettant “l’absence de coopération de la République démocratique du Congo pour élucider les faits et rendre justice à sa famille”, a invité la RDC à “poursuivre d’une manière rapide, efficace, exhaustive, indépendante, impartiale et transparente l’instruction et la procédure pénale sur le meurtre de Pascal Kabungulu et de fournir à sa famille une indemnité adéquate”.

Journaliste, défenseur des droits humains,Pascal Kabungulu était très engagé dans la lutte contre la corruption et les crimes de guerre. Ce qui lui a valu d’être, des années durant, menacé de mort. Le 31 juillet 2005, alors qu’il avait 55 ans, des individus armés, cagoulés et vêtus d’un treillis ont fait irruption à son domicile à Bukavu (est du pays) et lui ont logé une balle dans la tête. Devant femme et enfants.

Pascal Kabungulu

Face à la pression des organisations congolaises et internationales de défense des droits de l’homme, le gouvernement congolais a été obligé de faire interpeller quelques militaires. Mais depuis lors, plus rien. Aucune suite judiciaire n’a été donnée par la justice congolaise à ce crime. Apeurés, son épouse et ses enfants ont quitté le pays en 2006 pour s’installer d’abord en Ouganda puis au Canada où ils ont obtenu chacun le statut de réfugié politique. C’est depuis ce pays d’Amérique centrale qu’ils ont engagé une bataille judiciaire qui a abouti il y a quelques heures à cette décision du Comité des Droits de l’Homme de l’ONU. 

La République démocratique du Congo est un terrain miné pour les défenseurs des droits humains qui sont tiraillés d’un côté par l’Etat et de l’autre par des groupes armés, notamment à l’est du pays. L’affaire Pascal Kabungulu rappelle celle d’un autre défenseur des droits humains assassiné en juin 2010. Il s’agit de Floribert Chebeya, réputé poil à gratter de l’alors régime de Joseph Kabila. Le corps de ce dernier a été retrouvé le 2 juin 2010 dans sa voiture à la périphérie de la capitale Kinshasa.

Le président de l’ONG La Voix des Sans Voix était la veille à un rendez-vous à l’Inspection Générale de la Police, le lieu où il a été vu vivant pour la dernière fois. Malgré le procès de 5 policiers, présumés assassins de Chebeya et de son chauffeur Fidèle Bazana (dont le corps n’a jamais été retrouvé), la famille de Floribert Chebeya, elle aussi établie au Canada, continue de réclamer justice. Elle regrette que l’Inspecteur Général de la Police de l’époque, John Numbi, présumé commanditaire de cet assassinat, n’ait pas été lui aussi poursuivi devant les tribunaux. 

Michel Biem Tong

 

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