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Tchad : Liberté de manifestation : Des opposants et militants de la société civile muselés

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A l’approche de la présidentielle d’avril prochain, le régime d’Idris Deby Itno réprime toute manifestation visant à dire non à ce énième mandat qu’il souhaite briguer à la tête de l’Etat. Des ONG nationales et internationales sont montées au créneau pour dénoncer cette entrave à la liberté de manifestation.

La présidentielle au Tchad est prévue le 11 avril prochain. Le président de la République actuel, Idris Deby, est en course pour un 6e mandat à la tête de l’Etat. Un mandat jugé de trop par les acteurs de l’opposition et de la société civile qui a tenu à le faire entendre au cours des manifestations tenues à Ndjamena le 6 février dernier, malgré l’interdiction préalable des autorités. A cette même date était prévu l’investiture de Déby par son parti pour la candidature de ce dernier à la présidentielle d’avril prochain.

A ce jour, 14 manifestants sont détenus dans une prison à N’djamena, parmi lesquels Mahamat Nour Ahmed Ibedou, secrétaire général de Convention tchadienne de défense des droits humains (CTDDH). Pour échapper à la répression, Succès Masra, l’un des opposants les plus en vue, s’est réfugié samedi à l’ambassade des États-Unis à N’djamena.

Idris Deby

Atteinte à l’intégrité physique

Face à cette répression, les réactions de condamnation ne se sont pas fait attendre. Pour l’ONG AHA, ces interdictions « sont prises au mépris du droit international mais surtout de la Constitution tchadienne elle-même, un signal de plus dans la litanie des violences des droits au Tchad. Cela est incompréhensible alors que le même gouvernement autorise toutes les manifestations favorables au pouvoir ».

L’Union des syndicats du Tchad est même allé plus loin en demandant à « toutes ses militantes et tous ses militants, sur toute l’étendue du territoire, à se mobiliser et se tenir prêts à tout appel à manifester contre l’arbitraire ». La Convention tchadienne de défense des droits de l’homme, dont le secrétaire général se trouve parmi les 14 manifestants arrêtés, a mis en garde le Gouvernement qui, selon la Convention, sera tenu « pour responsable pour toute éventuelle atteinte à l’intégrité physique de militants jetés arbitrairement en prison ».

Sur le plan international, l’ONG Amnesty International constate dans un communiqué que « depuis trois mois, les autorités tchadiennes ont plusieurs fois interdit la tenue de manifestations sur le territoire entier. Ces interdictions sont des restrictions non nécessaires et disproportionnées du droit à la liberté de réunion pacifique ».

ledefenseur.com

 

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