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Togo : Accusé d’atteinte à la sûreté de l’Etat : Un opposant victime d’enlèvement

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La justice togolaise a annoncé le 28 novembre dernier, le kidnapping la veille de Gérard Djossou, membre d’une coalition de partis d’opposition acquise à la cause d’Agbeyome Kodjo, candidat malheureux à la présidentielle de février dernier. Ce dernier continue de revendiquer sa victoire à ces élections.

Un vent de folie s’abat sur les opposants au pays de la dynastie des Eyadema depuis la présidentielle de février dernier officiellement remportée par Faure Gnassingbe, président sortant du Togo. Après le saccage il y a quelques semaines par des policiers du domicile de Gabriel Messan Agbeyomé Kodjo, candidat malheureux à la présidentielle du 22 février 2020 et ancien Premier Ministre de l’ex-président défunt Gnassingbé Eyadema (père de Faure Gnassinbe), suivi de l’humiliation de plusieurs membres de sa famille, c’est au tour de DJOSSOU Dodzi Yaovi Gérard, un de ses soutiens, de subir les foudres de la dictature de Faure Gnassingbe.

Chargé des affaires sociales de la Dynamique Monseigneur KPODZRO (DMK), Gérard Djossou a été enlevé le 27 novembre dernier par des gendarmes en civil à Lomé, d’après un communiqué du Procureur de la République daté du 28 novembre. Le militant de l’opposition revenait d’une réunion avec les ambassadeurs de France, d’Allemagne, des Etats-Unis, de l’Union européenne et du Programme des Nations Unies pour le Développement. Le DMK est une coalition de partis d’opposition et d’association ayant soutenu la candidature d’Agbeyomé Kodjo à la récente élection présidentielle.  Gérard Djossou est, de sources policières, accusé d’« atteinte à la sûreté de l’Etat ».

Jack Djossou

D’après un communiqué rendu public par le collectif des avocats de la DMK le 28 novembre dernier, Gérard Djossou a subi un interrogatoire musclé de 10 heures de temps, sans avocat. Les hommes en robe noire en appelle à une procédure impartiale et équitable contre leur client : « Nous engageons donc Monsieur le Procureur de la République à garantir effectivement une enquête indépendante et impartiale respectant les standards d’une procédure pénale équitable ; Cette affaire ne repose sur aucun élément sérieux de fait et de droit. En conséquence, l’État togolais qui poursuit Monsieur DJOSSOU doit garantir sa sécurité voire sa vie », mentionne le collectif d’avocats dans son communiqué.

Pays francophone d’Afrique de l’Ouest, le Togo ploie depuis près de 60 ans sous une monarchie républicaine. Avant Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis le 4 mai 2005, c’est son père, Gnassingbé Eyadéma, arrivé au pouvoir suite à un coup d’Etat, qui a régné sans partage sur le peuple togolais du 15 avril 1963 à sa mort le 5 février 2005.  Le contrôle de l’appareil de l’Etat togolais par une famille depuis des décennies favorise un climat aussi bien peu propice à l’émergence d’une véritable démocratie que délétère pour les hommes politiques de l’opposition et les défenseurs des droits humains, victimes de toute sorte de brimades.

Michel Biem Tong

 

 

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