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Togo: Liberté de presse: Un journal jugé proche de l’opposition fermé par les autorités

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La justice togolaise s’est prononcée favorablement à la fermeture définitive du journal L’Indépendant Express en fin de semaine dernière. L’hebdomadaire est accusé de manquements graves à la déontologie journalistique. Mais pour les défenseurs de la liberté de presse, ce journal paye pour sa ligne éditoriale proche de l’opposition. 

L’indépendant Express ne sera plus visible dans les kiosques à journaux du Togo. Le 15 janvier dernier, le Tribunal de première instance (TPI) de Lomé a ordonné le retrait du récépissé de déclaration de l’hebdomadaire pour « manquements graves à l’éthique et à la déontologie journalistiques ». La décision de justice sera appliquée par la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac), l’autorité de régulation des médias qui, après avoir suspendu le journal le 4 janvier dernier, a saisi le TPI. 

Cette décision de justice a été contestée par la rédaction de L’Indépendant Express qui a promis d’interjeter appel: « Nous contestons la décision du Tribunal qui ordonne le retrait du récépissé du Journal L’indépendant Express.  Elle ne repose sur aucun principe de droit. Nous allons relever appel et obtenir un sursis à exécution en attendant la décision de la cour d’appel. Nous avons aussi saisi la chambre administrative de la cour suprême pour abus de pouvoir de la Haac.  Nous restons sereins et comptons aller au bout de la procédure judiciaire », a déclaré le directeur de publication Carlos Ketohou sur sa page Facebook.


Répression des voix dissidentes 

Tout part d’un article intitulé“Scoop de fin d’année: Femmes ministres interpellées pour vol de cuillères dorées” et publié par le journal le 28 décembre 2020. S’en sont suivis un enlèvement à son domicile par  des gendarmes en civil (qui l’ont relaxé 3 jours plus tard) puis une convocation devant la Haac le 4 janvier 2021.  

Cette suspension du journal a été dénoncée vivement par les défenseurs des droits humains au Togo:  « Quand on compare ce qui vient d’arriver à L’Indépendant Express à ce qu’est arrivé à L’Alternative dans l’affaire de pétrole-gate, je pense qu’il y a lieu de s’inquiéter par rapport à l’avenir de la presse indépendante et libre au Togo. C’est à juste titre, parce que le pouvoir togolais est assez puissant et n’admet aucune forme d’opposition, aucune forme de contre-pouvoir et toutes les voix dissidentes sont condamnées et réprimées assez violemment», a indiqué Dany Ayida du mouvement Engagement pour un avenir apaisé, chez nos confrères d’icilome.com le 5 janvier dernier. 

Le Togo ploie depuis près de 60 ans sous une monarchie républicaine. Avant Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis le 4 mai 2005, c’est son père, Gnassingbé Eyadéma, arrivé au pouvoir suite à un coup d’Etat, qui a régné sans partage sur le peuple togolais du 15 avril 1963 à sa mort le 5 février 2005.  Le contrôle de l’appareil de l’Etat togolais par une famille depuis des décennies favorise un climat aussi bien peu propice à l’émergence d’une véritable démocratie que délétère pour les journalistes, les hommes politiques de l’opposition et les défenseurs des droits humains, victimes de toutes sortes de brimades.

Michel Biem Tong

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